Gel des loyers : ce qu'un bailleur F ou G ne peut plus faire
Avant même l’interdiction de louer, une autre règle frappe déjà tous les logements classés F et G : le gel des loyers. Beaucoup de bailleurs la découvrent au moment de renouveler un bail ou de relouer — trop tard.
Qu’est-ce que le gel des loyers interdit exactement ?
Toute augmentation de loyer, sous quelque forme que ce soit. Depuis le 24 août 2022, pour un logement classé F ou G, le loyer est figé au montant en cours.
Concrètement, vous ne pouvez plus :
- augmenter le loyer en cours de bail, même en appliquant l’indice de référence des loyers (IRL) prévu au contrat ;
- augmenter le loyer entre deux locataires, à la relocation ;
- appliquer la révision annuelle indexée, même si le bail la prévoit expressément.
Une clause d’indexation présente dans le bail ne change rien : elle devient inapplicable tant que le logement reste une passoire thermique. Sur plusieurs années d’inflation, c’est une perte sèche qui se cumule.
Quels logements sont concernés ?
Les classes F et G, en France métropolitaine. La classe E n’est pas concernée par le gel, même si elle sera interdite à la location en 2034.
C’est une différence importante avec le calendrier des interdictions : un logement E est parfaitement libre à l’indexation aujourd’hui. Franchir le seuil de F vers E ne fait donc pas que reculer une échéance — cela rétablit immédiatement votre droit à indexer.
Jusqu’à quand dure le gel ?
Il ne se lève pas avec le temps, mais avec la classe. Le gel s’arrête le jour où le logement sort des classes F et G, et pas avant.
Aucune date d’expiration n’est prévue par la loi : seuls des travaux — ou, pour un logement chauffé à l’électricité, la réforme du coefficient 2026 — peuvent y mettre fin. Et le changement doit être acté par un nouveau DPE : sans diagnostic à jour, votre logement reste officiellement F ou G, donc gelé, même si les travaux sont faits.
Que risque un bailleur qui augmente quand même le loyer ?
L’augmentation est inopposable et le trop-perçu est restituable. Le locataire peut en demander le remboursement, y compris rétroactivement, et le juge peut ordonner le retour au loyer d’origine.
Le risque est d’autant plus réel que le DPE est une donnée publique : la classe du logement figure obligatoirement dans l’annonce et dans le bail. Un locataire qui conteste n’a aucune difficulté à établir les faits.
Le gel précède l’interdiction : les deux échéances à ne pas confondre
Le gel des loyers est déjà actif ; l’interdiction de louer arrive après. Ce sont deux règles distinctes, avec deux calendriers différents.
- Gel des loyers : F et G, depuis le 24 août 2022.
- Interdiction de louer : G depuis 2025, F en 2028, E en 2034.
Un logement F est donc déjà sous gel aujourd’hui, et deviendra inlouable en 2028. Agir maintenant, c’est récupérer du loyer et anticiper l’interdiction — un seul chantier règle les deux sujets.
Comment en sortir ?
En franchissant le seuil E, par la réforme ou par les travaux.
- Confirmez votre classe officielle. Un DPE récent peut déjà vous situer différemment de ce que vous croyez, dans un sens comme dans l’autre.
- Testez la réforme 2026 si votre chauffage est électrique : gagner une classe lève potentiellement le gel sans travaux.
- Chiffrez les travaux qui vous font franchir le seuil E, avec leurs aides, et faites établir un nouveau DPE une fois le chantier terminé — c’est lui qui débloque juridiquement le loyer.
Testez votre adresse sur Klaaro pour savoir si votre loyer est gelé, et ce qu’il faut pour le débloquer.
Récapitulatif : les échéances
| Classe DPE | Location interdite | Aujourd'hui | Loyer gelé |
|---|---|---|---|
| G | 1ᵉʳ janvier 2025 | Déjà interdit | Oui |
| F | 1ᵉʳ janvier 2028 | Encore louable | Oui |
| E | 1ᵉʳ janvier 2034 | Encore louable | Non |
| A à D | Aucune échéance | Conforme | Non |
Le gel des loyers s'applique aux classes F et G depuis le 24 août 2022 : aucune augmentation, ni à la relocation, ni au renouvellement du bail, ni par indexation. Les logements les plus énergivores (plus de 450 kWh/m²/an) sont interdits à la location depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, sans attendre 2025. Source : loi Climat et Résilience du 22 août 2021 — méthode et sources.