Coefficient électricité 2026 : 850 000 logements peuvent changer de classe sans travaux
C’est l’angle mort de la rénovation énergétique : un changement de calcul, pas de bâtiment, peut suffire à faire sortir un logement de la catégorie passoire thermique.
Qu’est-ce que le coefficient d’énergie primaire ?
C’est le facteur qui convertit l’électricité consommée chez vous en énergie « primaire », celle qu’il a fallu produire. Le DPE ne note pas votre consommation réelle : il note cette consommation convertie.
Un logement qui consomme 100 kWh d’électricité était jusqu’ici compté pour 230 kWh d’énergie primaire, avec un coefficient de 2,3. C’est ce nombre-là, pas le premier, qui détermine votre classe DPE. Le coefficient existe parce que produire et acheminer de l’électricité consomme davantage que ce qui arrive au compteur — mais sa valeur est une convention réglementaire, pas une mesure.
Qu’est-ce qui change en 2026 ?
Le coefficient passe de 2,3 à 1,9. Mécaniquement, la consommation d’énergie primaire affichée baisse d’environ 17 % pour tous les logements chauffés à l’électricité — sans qu’aucun mur ne bouge.
Reprenons l’exemple : les mêmes 100 kWh consommés ne comptent plus pour 230 mais pour 190 kWh d’énergie primaire. Pour un logement situé juste au-dessus d’un seuil de classe, ce recul suffit à basculer de l’autre côté.
Qui est concerné, et qui ne l’est pas ?
Uniquement les logements dont le chauffage principal est électrique. Un logement au gaz, au fioul ou au bois ne bouge pas d’un pouce : leur coefficient est de 1, et la réforme ne le touche pas.
L’ampleur du gain dépend ensuite de votre position par rapport au seuil :
- un logement à 460 kWh/m²/an en énergie primaire (classe G) recalculé à 380 repasse en F ;
- un logement déjà bien à l’intérieur de sa classe ne changera de catégorie que s’il était proche de la borne.
Autrement dit, la réforme ne fait pas gagner une classe à tout le monde : elle la fait gagner à ceux qui étaient près de la ligne. C’est ce qui explique l’estimation d’environ 850 000 logements concernés — beaucoup, mais loin de la totalité du parc électrique.
Peut-on perdre son bénéfice à cause du GES ?
Oui, et c’est le piège principal. Le DPE est un double seuil : la classe retenue est la pire des deux notes, énergie et émissions de gaz à effet de serre.
Si vos émissions vous classent déjà mal, le gain énergétique est neutralisé : la note GES devient le facteur limitant et la classe ne bouge pas. Pour un chauffage électrique, c’est rare — l’électricité française est peu carbonée, donc la note GES est généralement bonne. Pour un logement au fioul, c’est au contraire la règle : isoler à outrance ne change rien tant que la chaudière est en place.
Comment savoir si je gagne une classe ?
En simulant le nouveau coefficient sur votre DPE existant. Inutile de faire refaire un diagnostic : le calcul se fait à partir des valeurs déjà enregistrées.
Klaaro récupère votre DPE dans la base publique de l’ADEME, applique le nouveau coefficient et vous dit immédiatement si votre logement change de classe. Deux précisions honnêtes sur ce que cela vaut :
- tant que la réforme n’est pas appliquée aux DPE existants, aucune étiquette officielle ne change — la simulation est une hypothèse de travail, calculée sur le texte connu à ce jour ;
- pour faire valoir le changement auprès d’un locataire ou d’une administration, il faudra un DPE à jour portant la nouvelle classe.
Pourquoi le vérifier avant de demander un devis
Parce que financer des travaux pour un seuil déjà franchi est une dépense pure. C’est le seul cas où l’on peut gagner une classe sans sortir un euro.
Si vous êtes classé F ou G et chauffé à l’électricité, l’ordre des opérations est donc : vérifier l’effet de la réforme, puis chiffrer ce qu’il reste à faire. Une classe gagnée, c’est potentiellement une interdiction de louer évitée et un gel de loyer levé.
Une classe gagnée, c’est potentiellement une interdiction de louer évitée — sans sortir un euro de travaux.